L'Observateur

Conscience, métaphysique et science : l'observateur en 2026

September 14, 20268 min read

L’OBSERVATEUR — ÉDITION No 01 | SEPTEMBRE 2026

La conscience : que cherche réellement la science en 2026 ?

Entre neurosciences, expérience consciente et questionnement métaphysique, cette première édition de L’Observateur propose un regard rigoureux et accessible sur ce que la recherche contemporaine peut — et ne peut pas encore — dire de la conscience.

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Cette page complète la première édition de L’Observateur.

Vous pouvez approfondir ici les sujets qui ont retenu votre attention dans l’infolettre, puis revenir à celle-ci pour poursuivre votre lecture, à votre rythme.Avant de conclure, prenons le temps d’observer.

Ce que la science découvre.
Ce que nous expérimentons.
Ce que nous pouvons réellement affirmer.
Et ce qui demeure, pour l’instant, une question ouverte.


Table des matières interactive


01 — La veille scientifique

La conscience devient un véritable terrain de recherche

Pendant longtemps, les recherches sur la conscience se sont surtout intéressées à ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous voyons, entendons, pensons, ou prenons une décision dans des situations ordinaires.

Aujourd’hui, en 2026, les chercheurs explorent aussi des états beaucoup moins ordinaires : méditation avancée, sommeil, rêve lucide, états dans lesquels les pensées deviennent rares et le mental se fait étonnamment silencieux.

Pourquoi cet intérêt pour des états si particuliers ? Parce qu’ils permettent de poser une question simple, mais radicale : qu’est-ce qui est absolument nécessaire pour qu’une expérience consciente existe ?

Un article de synthèse publié en 2026, Toward a neuroscience of consciousness using advanced meditation (Neuroscience & Biobehavioral Reviews), propose justement d’utiliser certains états de méditation avancée comme véritable terrain d’étude scientifique de la conscience.

Dans ces méditations profondes, les pensées, les perceptions habituelles, et même le sentiment familier d’être « quelqu’un » peuvent devenir beaucoup moins présents, parfois presque absents, pendant un certain temps.

Cela ouvre une question fascinante pour les neurosciences : si presque tout le contenu de notre expérience disparaît, reste-t-il encore quelque chose que nous pouvons appeler conscience ? Et si oui, comment le décrire, l’observer, ou le mesurer ?

La science ne possède pas encore la réponse à cette question. Elle ne peut pas, à ce jour, décrire de manière définitive une « conscience pure » débarrassée de tout contenu. Mais elle dispose désormais de nouveaux protocoles, de nouvelles collaborations avec des méditants avancés, et de nouveaux outils pour étudier plus finement ces états singuliers.

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02 — Une découverte qui retient l’attention

Le thalamus nous donne une nouvelle piste

En 2026, une équipe de chercheurs a enregistré directement l’activité du thalamus humain, une structure située profondément dans le cerveau, impliquée notamment dans le traitement et la circulation de l’information entre différentes régions.

Ils ont observé une activité oscillatoire particulière, située approximativement entre 19 et 45 Hz. Cette activité était présente pendant deux états associés à une expérience consciente : l’éveil et le sommeil paradoxal (la phase du sommeil où les rêves sont les plus riches et les plus narratifs).

Cette même activité n’était toutefois pas observée de la même façon pendant le sommeil non paradoxal étudié, un état où notre expérience consciente semble très réduite ou absente, du moins du point de vue du souvenir que nous en gardons au réveil.

Espace de travail de neurosciences avec schéma de cerveau stylisé

Les oscillations thalamiques offrent un indice, sans épuiser le mystère de la conscience.

Pourquoi est-ce intéressant ? Parce que ces oscillations pourraient aider à mieux distinguer certains états dans lesquels une expérience consciente est présente de ceux où elle semble absente ou très différente. Elles deviennent alors un repère possible pour cartographier les états de conscience naturelle chez l’humain.

Mais il faut rester prudent. Cette étude, Thalamic oscillations distinguish natural states of consciousness in humans (Nature Human Behaviour, 2026), ne montre pas que les chercheurs auraient « trouvé la conscience » dans le thalamus. Elle montre une activité cérébrale associée à certains états de conscience.

Associer ne signifie pas expliquer. On peut dire que ces oscillations sont un indice, un marqueur possible, mais pas la conscience elle-même. La frontière entre ce que la science observe et ce qu’elle peut affirmer reste ici essentielle à respecter.

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03 — Le regard métaphysique

Le cerveau produit-il la conscience… ou permet-il son expression ?

C’est ici que la question devient véritablement métaphysique. La neuroscience peut observer le cerveau, mesurer son activité, comparer différents états, et repérer des corrélations entre ce qui se passe dans le cerveau et ce que nous rapportons vivre consciemment.

Elle peut identifier certaines régions, certains réseaux, certaines dynamiques. Elle peut observer ce qui change quand notre expérience change : lorsque nous rêvons, méditons, perdons connaissance, ou sortons d’une anesthésie générale, par exemple.

Mais une autre question demeure, plus fondamentale : qu’est-ce que la conscience elle-même ? Autrement dit, que signifie le fait qu’il y ait quelque chose « à vivre de l’intérieur » plutôt qu’un simple traitement d’information sans expérience subjective ?

Il existe plusieurs façons de penser cette question. Une première possibilité est que la conscience soit entièrement produite par l’activité du cerveau : lorsque certaines conditions physiques sont réunies, une expérience consciente apparaît, comme une propriété émergente de la matière organisée.

Une autre possibilité, davantage métaphysique, consiste à se demander si le cerveau pourrait plutôt permettre, organiser, ou limiter l’expression d’une conscience qui ne se réduit pas totalement à lui. Dans cette perspective, le cerveau serait une condition de manifestation, plutôt qu’une source unique.

À ce jour, cette deuxième proposition n’est pas démontrée scientifiquement. Elle demeure une hypothèse philosophique et métaphysique, que l’on peut discuter, affiner, ou critiquer, mais pas présenter comme un résultat expérimental établi.

La métaphysique commence justement là où nous examinons la nature profonde de ce qui existe : la matière, la conscience, le temps, l’espace, l’identité, la réalité elle-même. Elle ne remplace pas la science, mais elle interroge ce que signifient les résultats scientifiques et quels modèles du réel ils rendent plausibles — ou non.

Il ne s’agit donc pas de choisir trop rapidement entre « le cerveau crée la conscience » et « la conscience existe indépendamment du cerveau ». Il s’agit d’examiner ce que nous savons, ce que nous ne savons pas, et ce que nous supposons lorsque nous adoptons l’un ou l’autre de ces cadres.

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04 — Ce que nous pouvons réellement affirmer

Ce que nous savons… et ce que nous ne savons pas encore

Ce que nous savons
  • Le fonctionnement du cerveau et notre expérience consciente sont étroitement liés : lorsque l’un change, l’autre change aussi, de manière systématique.

  • Modifier l’activité cérébrale peut modifier notre perception, notre pensée, notre mémoire, notre sentiment de soi, et la qualité de notre expérience consciente — par exemple à travers des médicaments, des stimulations, ou certaines pratiques mentales.

  • Les chercheurs commencent à identifier certaines activités cérébrales associées à différents états de conscience, comme l’éveil, le sommeil paradoxal, le sommeil non paradoxal, ou certains états méditatifs avancés.

Ce que nous ne savons pas encore

  • Nous ne savons toujours pas expliquer complètement pourquoi certaines activités physiques du cerveau s’accompagnent d’une expérience subjective, alors que d’autres processus physiques ne semblent pas en produire.

  • Nous ne savons pas encore ce qu’est, au sens le plus fondamental, la conscience : est-ce une propriété émergente, un aspect de la matière, ou autre chose encore ? La science actuelle ne tranche pas.

  • Nous ne pouvons pas affirmer scientifiquement que la conscience existe indépendamment du cerveau. Aucune des études citées ne démontre une telle indépendance, ni ne permet de conclure l’inverse de manière définitive.

Ce qui demeure ouvert

  • La conscience est-elle uniquement produite par la matière, comme une propriété émergente de certaines organisations cérébrales ?

  • Est-elle une propriété fondamentale de la réalité, au même titre que l’espace, le temps, ou la masse, comme certains modèles métaphysiques ou philosophiques le suggèrent ?

  • Le cerveau est-il la source de la conscience, ou une condition nécessaire à son expression humaine, sans l’épuiser entièrement ?

Ces questions demeurent ouvertes. C’est précisément là que le discernement devient essentiel : reconnaître ce qui relève des données, ce qui relève des modèles, et ce qui relève de nos intuitions ou de nos engagements métaphysiques.

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05 — Pour aller plus loin

Sources scientifiques de cette édition

Voici les principales publications sur lesquelles s’appuie cette édition de L’Observateur. Elles sont présentées comme points de repère pour approfondir, et non comme réponses définitives aux questions métaphysiques soulevées.

  1. Toward a neuroscience of consciousness using advanced meditation, Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2026.
    Lien :
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0149763425005214

  2. Thalamic oscillations distinguish natural states of consciousness in humans, Nature Human Behaviour, 2026.
    Lien :
    https://www.nature.com/articles/s41562-026-02446-z

  3. Consciousness in the Brain: An Integrative Review of Contemporary Theories, Brain Sciences, 2026.
    Lien :
    https://www.mdpi.com/2076-3425/16/7/745

Ces publications permettent d’examiner les recherches contemporaines sur les mécanismes et les états associés à la conscience. Elles ne démontrent pas que la conscience existe indépendamment du cerveau et ne permettent pas non plus de réduire définitivement la conscience au cerveau.


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